dimanche 20 novembre 2011

La frénésie

Depuis quelques jours, j’ai hâte à Noël. Difficile de dire si c’est à cause de la perspective de la réunion de famille, du festin, des cadeaux ou bien plutôt en raison de la corrélation que je vois entre Noël et fin de session. Probablement un peu de tout ça.
Je crois aussi que je commence de plus en plus tôt à espérer Noël, probablement parce que le 2 novembre, dans l’épicerie dans laquelle je travaille, les bonbons d’Halloween ont judicieusement été remplacés par les gâteaux aux fruits et par les innombrables boîtes de chocolat fancy qu’on mange uniquement dans le temps des fêtes. Un classique.
Les poinsettias suspendus au plafond, dans les présentoirs à pains, les sapins dignes d’une classe de troisième année se balançant au vent qui s’engouffre par les portes automatiques et les banderoles dorées, rouges ou argentées qui flottent et se tortillent un peu partout deviennent une sorte de message subliminal constant qui nous enfonce dans le cerveau que Noël arrive. Noël pointe son gros nez rouge avec ses froufrous, ses casse-têtes, ses bouteilles de vin, ses planifications, ses papiers d’emballages et ses dépenses folles (mais ô combien agréables).
J’aime Noël : on mange trop, on parle fort.
Ma sœur m’a appelée environ une semaine après l’installation des guirlandes commerciales pour me parler de cadeaux. Coup de pelle en plein visage : «ah oui, j’étais pas encore rendue là!»
Mon cerveau n’avait toujours pas assimilé que les jours se bousculeraient pour permettre au 24 décembre d’arriver le plus vite possible. Un hiatus s’imposait pour que mon esprit passe d’une fête à l’autre sans perturbations. J’avais eu deux jours de rémission transitoire.
Ma mère faisait (et fait toujours) son sapin deux semaines avant Noël, la première neige est tombée depuis longtemps et tous les foulards, tuques, mitaines, bottes, bandeaux et autres accessoires en laines sont sortis du garde-robe de cèdre depuis des jours, sinon des semaines.
L’odeur de sapin a quelque chose de magique qu’il serait sacrilège d’étirer sur deux mois.  
Heureusement, dans ma condition d’étudiante en collocation, je n’ai pas de télévision pour me rabrouer les nécessités frivoles qu’impose le temps des fêtes. On n’essaie pas de me convaincre que LE cadeau sans lequel je ne passerai pas de joyeuses fêtes est la toute dernière télévision qui fait X pouces de largeur (je ne tiens plus le compte). Je n’espèrerai pas que mes parents achètent une sorte précise de bûche de Noël parce que c’est Joël Legendre qui l’a vantée avec un tricot rayé sur le dos.
Attention! Dans quinze jours, les publicités de SuperFitness et de régimes minceur révolutionnaires déboulerons sur les petits écrans et dans les rues, assaillant de remords celles et ceux qui savent déjà qu’ils succomberont à la tentation des pâtés à la viande délicieusement trop salés et trop gras.
Comme à chaque année, je ferai partie de ceux qui s’empiffrent un peu trop, mais je serai aussi de ces gens qui aiment Noël pour les joues légèrement rougies par l’alcool, les fous rires en famille, la tranquillité d’esprit qui accompagne ces quelques jours de congé et l’échantillon de photos compromettantes que mes amis se feront un plaisir de me rappeler.

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