lundi 31 octobre 2011

La petite Mosquée de Ste-Foy

Il y a plusieurs jours, l’enseignant de mon cours sur le multiculturalisme nous a informé qu’une visite à la Mosquée du chemin Ste-Foy était prévue pour la semaine suivante.
Ah bon? Eh bien, je n’y serais jamais allée de ma propre initiative, mais pourquoi pas! J’étais surprise, mais plutôt enthousiaste.
« Par contre les filles, vous devrez probablement vous couvrir les cheveux, comme l’ont fait mes élèves de l’année dernière.»
Ma première réaction a été de penser à la blague ; non ça n’était pas possible qu’on nous demande réellement cela. Mais à voir le sérieux et le petit malaise de mon professeur, j’ai vite compris qu’il ne rigolait pas du tout.
Quoi? Me voiler la tête pour visiter une Mosquée? Mes grand-mères avaient-elles vraiment arraché leurs soutiens-gorges pour que j’aille cacher ma féminité dans un établissement dont je ne partageais pas les valeurs? La féministe en moi bouillonnait, il n’était pas question que je me rabaisse à ce point!
Mon professeur, dans sa diplomatie et son expérience, nous a conseillé de voir ça comme une expérience, que ça ne nous engageait absolument à rien. Ça jasait dans la classe.
«Mais pourquoi le voile seulement pour les filles et pas les gars?»
Je ne soulèverai pas ici l’absurdité du commentaire de cette jeune fille. Qu’elle sorte de chez elle ou regarde les nouvelles, une bonne fois.
La semaine a été longue à ruminer et à essayer de tempérer mon indignation, mais j’ai fini par trouver un peu de bonne volonté dans mes poches, derrière ma carte Opus, juste avant de monter dans l’autobus de ville qui m’amenait à la Mosquée.
Il faisait froid, c’était un supplice de retirer mon foulard de mon cou pour le placer de peine et de misère autour de mes cheveux, et pas question de s’exécuter à l’intérieur.
Un bonhomme en chandail de laine nous a accueillis avec un grand sourire et nous a entraînés à l’intérieur de la bâtisse simpliste et impressionnante par son épuration, où nous devions impérativement retirer nos chaussures.
Nous avons visité un peu, nous posions quelques questions, en mesurant bien les mots utilisés. Le professeur nous avait bien demandé de rester poli.
À 15h30, la prière de l’après-midi. Avec l’Imam, notre hôte s’est agenouillé puis incliné pendant cinq minutes devant nous. Puis nous sommes montés à la salle de prière des femmes pour une petite présentation PowerPoint. Oui oui, PowerPoint.  
Il y avait des gâteaux et du jus. Des blagues.
L’Imam s’adressait à nous dans un français hésitant afin de compléter les propos de notre présentateur. Un Québécois converti à l’Islam avec son épouse marocaine étaient également présents et ont raconté leur histoire et leurs liens avec leur religion. J’aurais aimé avoir une conversation avec la femme, qui racontait avoir commencé à porter le voile de son plein gré, à peine depuis un an.
Je n’imagine pas à quel point ils se sentaient jugés par la foule d’étudiants curieux que nous étions, mais j’ose croire que nous avons eu un comportement exemplaire. Des questions critiques, mais polies et bien tournées. Les réponses étaient tout aussi honnêtes et présentées joliment.
La rencontre a réellement été édifiante.
Évidemment qu’ils condamnent les attentats du 11 septembre, qu’ils ne souhaitent pas changer la face du Québec ou nous convertir un à un.
Bien sûr, je ne suis toujours pas en accord avec la plupart de leurs valeurs religieuses, mais je respecte totalement les personnes qu’ils sont. Je comprends mieux le fléau que représentent les généralisations et les préjugés pour les minorités. Ils peuvent tout aussi bien avoir des jugements sévères à notre égard, trouver que nous sommes hautains, hostiles et fermés, mais qui pourrait les blâmer? Ils sont humains.  
Chacun de leurs comportements, de leurs habitudes ou de leurs traditions qui a été abordé a reçu une réponse claire et justifiée, pas d’ambiguïté.
Mais on n’a pas parlé de jambon.

samedi 29 octobre 2011

Prologue

Ce blogue est un travail scolaire. Voyeurs pervers, commentateurs mesquins, et autres chercheurs d'embrouille : passez votre chemin.