jeudi 20 décembre 2012

Échos


Simon entra par la porte arrière de sa nouvelle maison. Il sentait le léger frottement de la queue de Romy sur son tibia gauche. Simon essayait de parler avec une voix calme pour rassurer son chien, mais il savait bien que Romy était simplement excité par l’exploration à venir et que c’était sa propre angoisse qu’il tentait de contenir.
Sa main droite trouva le cadre de la porte ; la tiédeur du bois était douce et apaisante sous ses doigts crispés. Emplissant ses poumons de l’air poussiéreux et légèrement âcre qui stagnait à l’intérieur, Simon enfonça les pieds dans le tapis moelleux de l’entrée.
Ils avancèrent de quelques pas et l’écho de ses propres chaussures sur la céramique lui révéla que la maison était encore sensiblement vide. Il entendait distinctement le cliquetis familier des griffes de Romy et ses halètements perdus en échos.

Mon château


Le magnifique escalier s’élève à l’infini devant moi, lisse et lumineux sous les rayons du soleil enchanteur. La brise fait danser mes doux cheveux au même rythme que les drapeaux multicolores attachés aux tours du château.
Mon château : gigantesque, mignon, parfait.
Je grimpe les marches une à une, lentement, pour ne pas perdre pied à cause de ma longue robe. Je traverse les portes et c’est un tout nouveau monde qui s’offre à moi. Le hall d’entrée est immense, de nombreuses peintures, réels chefs-d’œuvre, sont suspendues aux murs, entre d’impressionnantes statues, toutes plus grandes que moi.
Face à l’entrée,  un vitrail géant aux décorations détaillées laisse entrer un arc-en-ciel de lumière qui tourbillonne sur le sol et danse sous mes orteils.
Je m’avance au bord de la fenêtre et en bas de l’arbre, je vois mon père qui agite les mains, son marteau flamboyant bien accroché à la ceinture. À ses pieds se trouvent les retailles de la construction qui fait maintenant sa fierté et celle de tout le royaume.